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Prochaine création au Maroc d'"un observatoire des drogues et des toxicomanies" (Responsable européen)

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Prochaine création au Maroc d'"un observatoire des drogues et des toxicomanies" (Responsable européen)

 -Propos recueillis par Amal Tazi-

Dans un entretien à la MAP, Mme. Mabileau, qui a souligné que la création de cet observatoire s'inscrit dans le cadre de la coopération du Royaume avec le Groupe Pompidou, organe du Conseil de l'Europe chargé de la lutte contre le trafic illicite des stupéfiants et des addictions, a précisé que l'observatoire vise à recueillir toutes les informations et indicateurs sur la situation en matière de drogue et à les analyser dans la perspective de proposer une politique à mettre en place.

Le Maroc est le premier pays méditerranéen à adopter ce concept, déjà expérimenté en Europe et que le groupe Pompidou, dont le siège est basé à Strasbourg (est de la France), souhaite généraliser à ses partenaires de la région, notamment les douze autres membres du réseau Mednet (Algérie, Tunisie, Liban, Jordanie, Egypte, France, Italie, Espagne, Portugal, Malte, Chypre et Grèce), a-t-elle indiqué.

Créé en 2006, le réseau Mednet vise à promouvoir la coopération, l'échange et le transfert réciproque de connaissances entre pays du Sud de la Méditerranée et pays européens membres du Groupe Pompidou, dans la perspective d'améliorer la mise en oeuvre des politiques en matière de lutte contre la drogue dans ces pays.

"L'objectif est de créer d'autres observatoires dans le réseau Mednet pour évaluer l'ampleur de la consommation des drogues dans la région. Pour le moment, le pays qui semble le plus avancé et avoir l'accord des politiques c'est le Maroc", qui devient le premier membre non européen à adhérer à cette structure, a souligné Mme Mabileau.

Le choix du Maroc pour la mise en place de ce projet pilote est également conforté, estime-t-elle, par le fait qu'il a été le premier du réseau à avoir réalisé une enquête scolaire nationale sur la consommation des drogues et des tabacs auprès des jeunes de 15-16 ans (2008-2009).

Basée sur une méthodologie européenne, l'enquête marocaine, menée avec le soutien du Groupe Pompidou, avait commencé à Rabat avant d'être élargie au niveau national, "eu égard à l'importance des résultats obtenus, notamment en terme de prévention".

"Le Maroc a été précurseur en testant l'outil européen tout en l'adaptant complètement au contexte marocain, ce qui a suscité d'ores et déjà l'intérêt d'autres pays pour l'adoption d'une démarche similaire, dont le Liban, la Jordanie et l'Egypte ", a-t-elle souligné.

Conduite sous la supervision du Centre national de prévention et de recherche en toxicomanies de l'Hôpital Arrazi (Salé), l'enquête insiste sur l'importance d'intensifier les actions de sensibilisation sur les effets des drogues en ciblant non seulement les jeunes, mais aussi les parents et les enseignants, "appelés à être plus à l'écoute des élèves et réactifs face aux premiers problèmes".

Le rapport plaide également pour le renforcement de la sécurité autour des établissements scolaires et l'amélioration de la prise en charge des jeunes consommateurs des drogues avec la création notamment de groupes de soutien au sein des écoles.

Sur le plan législatif, les initiateurs du rapport proposent la mise en place de nouvelles dispositions concernant la loi sur les stupéfiants dans la perspective de créer des zones sans drogues autour des écoles avec la fixation d'un âge limite pour la consommation du tabac.

"Pour avoir une idée sur les tendances de la consommation des drogues chez les jeunes, le groupe Pompidou préconise de refaire ce genre d'enquêtes de façon régulière", a relevé Mme Mabileau, qui s'est félicitée, à cet égard, de la disposition du ministère marocain de la santé à reconduire l'enquête, en l'assurant de l'appui de son groupe aussi bien sur le plan de la prévention que du traitement thérapeutique des addictions.

Le groupe Pompidou avait déjà formé, selon elle, en 2007 et 2008, des médecins, infirmiers et travailleurs sociaux en prévision de l'introduction cette année au Maroc du traitement de substitution aux opiacés, "ce qui a été fait avec l'ouverture de quatre centres à Rabat, Tanger, Tétouan et à Casablanca".

"Là aussi, le Maroc a été précurseur, car ce traitement proposé aux consommateurs de l'héroïne afin de réduire leur dépendance à cette substance en la remplaçant par un autre produit légal contrôlé médicalement, n'existe pas dans d'autres pays du bassin méditerranéen", a expliqué la responsable du groupe Pompidou.

Son introduction intervient, précise-t-elle, après la constatation d'"un problème important d'injections par voie intraveineuse".

D'autres centres devront s'ouvrir l'année prochaine dans d'autres régions du Royaume.

"Notre rôle dans le groupe Pompidou est les accompagner en termes de formation et d'évaluation", a-t-elle affirmé en se félicitant de la qualité de la coopération développée jusqu'ici avec le Maroc, couronnée par son adhésion le premier juillet au groupe européen qui compte désormais 36 Etats membres.

Le Maroc avait demandé d'adhérer à cette structure en février 2010, lors du séminaire sur les perspectives de sa coopération avec le Conseil de l'Europe, mais sa collaboration avec le groupe en soi remonte à 1999.

Il avait participé, en novembre 2006, pour la première fois en tant que pays observateur, à la Conférence ministérielle du Groupe Pompidou.

Ce changement de statut officiel reflète l'intégration progressive du Maroc aux différentes structures chapeautées par le Conseil de l'Europe, à la faveur notamment du statut de Partenaire pour la démocratie octroyé au Royaume par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) ou encore son adhésion à la commission de Venise qui oeuvre pour la promotion de la démocratie par le droit.

"Le Maroc est un pays qui avance à grands pas et nous nous réjouissons des progrès accomplis", a conclu Mme Mme Mabileau.

Créé en 1971 à l'initiative du président français de l'époque, Georges Pompidou, le Groupe Pompidou vise à contribuer à l'élaboration au sein de ses Etats membres de politiques en matière de lutte contre la toxicomanie, multidisciplinaires, innovatrices, efficaces et basées sur des connaissances validées.

Le groupe cherche à relier les politiques, la pratique et la recherche scientifique. Il se concentre également sur les problématiques locales liées à la mise en oeuvre des programmes de drogues.

03/10/2011 12:41.
(MAP) Maghreb Arabe Presse


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